Si le camp Bahati a laissé à certains membres de l’UDPS le soin d’inventer une nouvelle nationalité au Professeur Bahati Lukwebo Modeste leur Autorité morale, tantôt il serait Namibien, tantôt Rwandais, c’est pour une seule raison: ce parti est le plus grand en terme d’encrage et bénéficie d’une large opinion publique réelle et bien éduquée.
Ce n’est malheureusement pas nouveau dans ce pays où, de plus en plus, certains choisissent de comprendre les choses à l’envers.
Voici pourtant ce que plusieurs acteurs politiques, notamment Déo Bizibu de l’UDPS, semblent ignorer.
Premièrement, le Rwanda a été sanctionné pour avoir violé certains engagements issus de l’Accord de Washington, notamment l’interdiction de soutenir des groupes armés contre un État souverain. Si, au lendemain de la signature de cet accord, Kigali avait retiré ses troupes du territoire congolais, ces sanctions n’auraient même pas été envisagées.
Mais ce pays, accusé d’agresser la RDC depuis des décennies et de soutenir le mouvement armé AFC/M23, a poursuivi ses actions. Les sanctions en ont été la conséquence.
Deuxièmement, les États-Unis ne cautionnent pas les dérives autoritaires. Quelle que soit l’orientation politique de leur administration, ils se réclament de la défense de la démocratie, des droits de l’homme et de la stabilité institutionnelle.
Dans les accords signés à Washington par le Président de la République, Félix Tshisekedi, il est clairement recommandé aux États de promouvoir la stabilité politique, la démocratie et le respect des droits fondamentaux afin de renforcer la coopération et les relations bilatérales.
Dès lors, engager un processus de modification constitutionnelle sans consensus national ni adhésion populaire pourrait être interprété comme une entorse à ces engagements. Et les conséquences diplomatiques ne seraient pas à exclure.
Le Professeur Modeste Bahati Lukwebo, comme tout Congolais, exerce un droit fondamental : la liberté de pensée. En RDC, la pensée unique n’a plus sa place. Le Héros national Étienne Tshisekedi s’est battu toute sa vie pour la Constitution, la démocratie et les libertés fondamentales. Est-ce que c’est à son fils, héritier du même combat, que certains, proches soient-ils, vont vouloir dicter la trahison des principes ? N’est-ce pas que son parti s’appelle Union pour la Démocratie et le Progrès Sociale ?
Un avis n’est pas une loi. Si le peuple congolais, souverain, décidait un jour de modifier la Constitution conformément aux mécanismes prévus, ce ne serait pas au Professeur Bahati Lukwebo de l’en empêcher. Mais son opinion mérite d’être exprimée, entendue et respectée.
Les injures, les étiquettes, les attaques personnelles ou les montages politiques ne feront pas taire un homme qui choisit de défendre ses convictions dans un État qui se veut démocratique.
Dans une démocratie, le débat n’est pas une trahison. C’est une richesse.
Roger Tshimanga, expert en communication politique, Washington.DC