Sans la moindre communication officielle, le mouvement armé AFC/M23, classé comme terroriste par les autorités congolaises, a amorcé un retrait discret mais significatif de Walyngu Centre et de plusieurs villages environnants, dans la province du Sud-Kivu. Une manœuvre silencieuse qui tranche radicalement avec les déclarations récentes du mouvement, lesquelles affirmaient une impossibilité catégorique de quitter les zones occupées.
Selon plusieurs sources concordantes, bien introduites dans le dossier sécuritaire, ce repli serait le résultat d’une double contrainte désormais difficile à ignorer : une pression internationale accrue exigeant un retrait immédiat des zones occupées illégalement, et une détermination renforcée des FARDC, appuyées par les Wazalendo, à ne plus céder ni reculer face aux offensives rebelles.
« Contrairement à leur communication de façade, l’AFC/M23 sait qu’il ne peut plus tenir longtemps. Le retrait est devenu une nécessité de survie », confie une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.
Un calendrier de retrait sous la menace de l’effondrement
Nos informations indiquent que le mouvement serait désormais contraint de quitter l’ensemble des zones occupées au plus tard d’ici mars, sous peine d’une confrontation décisive qui pourrait lui être fatale.
« Il ne s’agit plus de négociation, mais d’évitement d’une destruction totale », précise notre source.
Dans plusieurs localités, notamment à Bukavu, Goma et dans des zones périphériques, des témoignages concordants font état de pillages organisés menés par des combattants de l’AFC/M23. Mais pour les observateurs avertis, ces actes ne relèvent plus d’une stratégie militaire : ils traduisent un effondrement de la discipline et une logique de fuite.
« C’est le dernier crime pour la route », lâche un notable local, amer.
Déplacement stratégique à Bukavu : évacuation du butin ?
Le récent déplacement de la coordination de l’AFC/M23 de Goma vers Bukavu n’a rien d’anodin. Plusieurs sources évoquent un plan d’évacuation de butins de guerre : argent liquide, minerais, biens de valeur pillés dans les domiciles de notables et d’opérateurs économiques.
Cette réorganisation logistique s’inscrirait dans un schéma de repli préparé, où la survie individuelle primerait désormais sur la cause affichée.
Révolte interne : la base lâche la direction
Mais le danger le plus grave pour l’AFC/M23 ne vient peut-être pas de l’extérieur. Il vient de l’intérieur.
Une fronde interne serait en préparation. De nombreux combattants, souvent manipulés ou enrôlés sous promesses, dénoncent plus de cinq mois sans salaire, sans encadrement et sans considération. Certains se disent prêts à révéler des secrets internes, estimant avoir été trompés sur les véritables objectifs du mouvement.
« On nous a vendu une cause. En réalité, c’était un mensonge organisé », confie un ex-combattant.
Comme en 2013, une fracture nette se dessine entre la branche armée (M23) et la façade politique dite civile (AFC). La confiance est rompue.
Accusations lourdes : ethnicité, népotisme et exploitation
Les accusations internes sont particulièrement graves. Selon nos sources, les combattants issus directement de l’armée rwandaise bénéficieraient d’un traitement privilégié, tandis que les recrues congolaises, y compris les capturés retournés, seraient marginalisées, exploitées et sacrifiées.
Il est question de népotisme, d’ethnicisation du commandement et d’exploitation systémique. Pendant que certains chefs, en lien direct avec Kigali, investiraient dans l’immobilier au Rwanda, en Ouganda, au Kenya, en Tanzanie, en Namibie, en Afrique du Sud et même en Europe, la base serait laissée à l’abandon.
« On nous bombarde de discours, de rêves de conquête de la RDC, de promesses de postes et de récompenses. Mais pendant ce temps, certains s’enrichissent et préparent leur fuite », dénonce notre source.
« Sauve qui peut »
Aujourd’hui, même au sommet du mouvement, la peur s’installe. La crainte pour la sécurité personnelle des dirigeants est réelle. La cohésion est brisée. Les images soigneusement mises en scène et les communiqués creux ne masquent plus la réalité du terrain.
« Ne croyez plus aux mises en scène télévisées. La machine est fissurée. Désormais, c’est sauve qui peut », conclut notre source.
Ce retrait silencieux, ces pillages, ces divisions internes et cette pression internationale croissante dessinent un scénario clair : l’AFC/M23 est entré dans une phase critique, où chaque jour rapproche un peu plus le mouvement de son implosion.