Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement lancé à Kinshasa la Semaine nationale du climat, marquant une étape décisive dans l’ambition de la République démocratique du Congo de devenir un acteur majeur de la nouvelle économie mondiale fondée sur le climat. Devant les partenaires internationaux, le Chef de l’État a appelé à bâtir une alliance responsable pour transformer les richesses naturelles du Congo en moteur de croissance durable.
Une vision : transformer la nature en opportunité économique
Dans un discours empreint de réalisme et de détermination, Félix Tshisekedi a souligné que le changement climatique représente à la fois une menace et une chance unique pour repenser le modèle économique du pays.
« Le changement climatique n’est pas une fatalité, mais une opportunité pour bâtir un nouveau modèle économique fondé sur la durabilité. La forêt congolaise n’est pas seulement notre héritage, elle est notre avenir et celui de l’humanité », a-t-il déclaré.
Le Président a ainsi présenté la RDC comme le cœur battant de la transition verte mondiale, un pays capable de produire des solutions naturelles contre le réchauffement climatique tout en stimulant une économie verte. Son message : investir dans la forêt congolaise, c’est investir dans la survie de la planète.
La Semaine nationale du climat : un carrefour de réflexion et d’action
Placée sous le thème « Forêts, Biodiversité et Tourbières : Mobilisation des financements climatiques pour un développement durable en RDC et dans le Bassin du Congo », cette semaine d’échanges réunit experts, bailleurs, entreprises et société civile autour d’un même objectif : poser les bases d’une économie du climat équitable et profitable à tous.
Le gouvernement congolais veut à travers cette initiative renforcer la diplomatie climatique du pays, attirer des financements verts et promouvoir des projets innovants dans la gestion des forêts, la production énergétique propre, la reforestation et la création d’emplois verts.
« L’économie du climat est la locomotive du développement du XXIe siècle. Nous voulons que la RDC en soit le moteur africain », a affirmé le Président Tshisekedi.
La forêt congolaise au centre d’un nouveau contrat mondial
Avec plus de 155 millions d’hectares de forêts tropicales, la RDC abrite le deuxième poumon vert de la planète, après l’Amazonie. Ces écosystèmes absorbent des milliards de tonnes de CO₂ chaque année, jouant un rôle crucial dans la stabilisation du climat mondial.
Le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de reconnaître la valeur économique du carbone stocké dans ces forêts et de créer un mécanisme de financement juste et transparent.
« La conservation de la nature ne peut plus être un sacrifice pour les peuples du Sud. Elle doit devenir une source de prospérité. Le monde doit payer le vrai prix du climat », a-t-il martelé.
Dans cette logique, la RDC propose la mise en place de partenariats publics-privés verts, ainsi qu’un fonds national pour l’économie du climat, destiné à financer la reforestation, l’agriculture durable et les innovations écologiques locales.
Un leadership climatique africain affirmé
Pour la Ministre de l’Environnement et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, la Semaine du climat n’est pas qu’un événement symbolique, mais le lancement d’une dynamique nationale.
« L’économie du climat n’est pas une idée futuriste. C’est une réalité que nous devons bâtir dès aujourd’hui, ici et maintenant, avec les communautés locales, les jeunes et les femmes au centre des décisions », a-t-elle affirmé.
Elle a également insisté sur le fait que la RDC défendra à la COP30 au Brésil une position ferme : celle d’un continent qui ne veut plus être le spectateur de la transition écologique mondiale, mais son acteur principal.
Du discours à l’action
Avec ce lancement, la République démocratique du Congo s’impose comme une force motrice de la nouvelle économie climatique mondiale. L’appel du Président Tshisekedi dépasse le cadre national : il trace une voie pour l’Afrique et pour la planète.
La Semaine nationale du climat 2025 marque ainsi le début d’une ère verte, où la croissance économique ne s’oppose plus à la protection de l’environnement, mais en devient le prolongement naturel.
Dans cette vision, la forêt congolaise n’est plus seulement un patrimoine, elle devient le socle d’un avenir économique durable et partagé.