Dialogue : Modeste Bahati Lukwebo «pas de dialogue avant le retrait des troupes Rwandaises sur le territoire Congolais»

Le 04 mars 2026, lors de sa conférence de presse tenue au siège de son parti politique AFDC, le Professeur Bahati Lukwebo Modeste, deuxième vice-président du Sénat de la République Démocratique du Congo, a clarifié sa position sur la perspective d’un dialogue national inclusif. Favorable au principe des discussions entre Congolais, il conditionne toutefois toute initiative au retrait préalable des troupes rwandaises du territoire congolais.

Une tradition congolaise du dialogue

Pour Modeste Bahati Lukwebo, l’histoire politique de la RDC est indissociable de la culture de la concertation. Il a rappelé les précédents majeurs, notamment le Dialogue intercongolais de Accord de Sun City, qui avait permis de baliser la transition après des années de conflit.

« Même ceux qui se battent finissent toujours par se retrouver autour d’une table », a-t-il déclaré, soulignant que l’issue des crises passe inévitablement par la négociation.

Le préalable du retrait des troupes étrangères

Cependant, le président de l’AFDC-A insiste sur un point non négociable : l’application stricte de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon lui, aucune discussion crédible ne peut se tenir tant que des forces étrangères occupent une partie du territoire national.

« La priorité, c’est d’abord la mise en œuvre de cette résolution, c’est-à-dire le retrait des troupes rwandaises. Ensuite, nous pourrons nous retrouver entre Congolais, y compris ceux qui ont pris les armes », a-t-il martelé.

L’exigence de bonne gouvernance

Au cours de cette même intervention, Bahati Lukwebo a également livré une analyse autocritique de la situation nationale. Pour lui, les conflits récurrents ne s’expliquent pas uniquement par des agressions extérieures, mais aussi par des failles internes liées à la gouvernance.

Il a plaidé pour une réforme profonde touchant la gestion de l’armée, des services de renseignement, des finances publiques et la promotion de la méritocratie dans le choix des dirigeants.

Se définissant comme « pro-dialogue », mais attaché à la dignité et à la souveraineté nationales, le sénateur estime que la paix durable repose sur deux piliers indissociables : la fin de l’ingérence étrangère et la refondation de l’État congolais.

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