Joseph Kabila accuse le Sénat d’avoir violé la Constitution

L’ancien Président de la République et Sénateur à vie, Joseph Kabila, a dénoncé ce qu’il qualifie de violation grave de la Constitution par le Sénat congolais.

Dans une tribune accordée au média Jeune Afrique et rendue publique, il affirme que la Chambre haute a levé illégalement ses immunités parlementaires, alors qu’elles sont garanties par la Loi fondamentale en sa qualité d’ancien Chef de l’État.

Selon Joseph Kabila, cette garantie constitutionnelle a été conçue pour protéger tout ancien Président de la République contre d’éventuelles poursuites arbitraires, afin d’éviter qu’un chef d’État en exercice ne s’accroche indéfiniment au pouvoir par peur de représailles judiciaires après son départ. Il estime donc que la décision prise par le Sénat est sans précédent et constitue une atteinte directe aux fondements de l’État de droit.

Cette levée des immunités a ouvert la voie à des poursuites engagées par un tribunal militaire de Kinshasa. L’ancien Président est visé par de lourdes accusations : trahison, crimes de guerre, meurtre, viol, torture, soutien à des insurrections armées et complicité avec l’AFC/M23. Des charges qu’il rejette en bloc, les qualifiant d’infondées et d’instrumentalisées à des fins politiques.

Cette affaire, inédite dans l’histoire politique de la RDC, soulève des interrogations majeures sur le respect des dispositions constitutionnelles relatives au statut des anciens Présidents de la République, mais aussi sur l’équilibre des pouvoirs entre institutions. Elle risque de provoquer un débat national sur l’indépendance de la justice, le rôle du Sénat et la protection des anciens Chefs de l’État face aux poursuites judiciaires.

Jusqu’où la justice congolaise peut-elle aller dans la poursuite d’anciens dirigeants ? Le Sénat, en levant ces immunités, a-t-il respecté son rôle constitutionnel ou cédé à des pressions politiques ? Et surtout, quel signal cela envoie-t-il aux futurs Présidents : que leur immunité, censée garantir une alternance apaisée, n’est en réalité qu’un bouclier fragile, révocable à volonté ?

Dans les coulisses, certains analystes voient dans cette affaire un tournant majeur : soit elle consacre une avancée de la justice congolaise capable de juger même les plus puissants, soit elle ouvre une ère d’incertitude, où la Constitution devient un instrument malléable selon les rapports de force. Une chose est sûre : le procès annoncé de Joseph Kabila dépasse le cadre judiciaire. C’est une épreuve de vérité pour l’État de droit en RDC.

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